C3PO chez les agriculteurs
Le resserrement de la surveillance aux frontières des États-Unis entraîne des problèmes que personne n'avait vus venir.C'est un phénomène connu : la plupart des agriculteurs emploient des immigrants pour faire leurs récoltes, autant au Canada qu'aux États-Unis. Chez nos voisins du Sud, qui ont énormément de bouches à nourrir, la Californie produit environ la moitié des fruits, des noix et des légumes consommés dans tout le pays. Historiquement, les agriculteurs californiens employaient des immigrants, très souvent illégaux, pour faire les récoltes. Cependant, depuis que les frontières des États-Unis font l'objet d'une surveillance plus rigoureuse, la main-d'oeuvre se fait rare, même très rare. Le California Farm Bureau Federation estime que l'industrie agricole de cet état emploie annuellement 225 000 travailleurs et que ce chiffre double à la saison des récoltes.
Déjà, le travail des agriculteurs est très automatisé; la machinerie agricole a beaucoup évolué, comme toutes les autres technologies. Maintenant, cette évolution est sur le point de franchir une autre étape, car on envisage de remplacer les travailleurs par des robots.
L'un des problèmes que posaient les robots jusqu'à présent est qu'ils n'étaient pas appropriés pour tous les types de culture; certains fruits et légumes étaient trop fragiles pour être ramassés par des moyens mécaniques. En effet, on imagine mal un bras robotisé cueillir délicatement une tomate mûre et que celle-ci demeure intacte. Le processus est viable pour certains fruits ou légumes qui seront transformés, mais pas pour ceux qui seront directement vendus dans les marchés et les épiceries.
Ce problème persiste, mais plus pour longtemps. Des entreprises qui travaillaient à créer une nouvelle génération de robots-agriculteurs ont commencé à présenter des prototypes qui pourraient être bientôt lancés sur le marché.
Entre autres, un système en deux étapes comprenant un robot qui parcourt les vergers et les orangeraies afin d'analyser les fruits. Il peut tracer en temps réel un plan tridimensionnel des lieux pour identifier les sections dont les fruits sont prêts à être cueillis. Un robot récolteur peut ensuite, à l'aide de la carte générée, récolter uniquement les fruits mûrs. Une fois sur le marché, un tel tandem de robots devrait coûter environ 500 000 $US.
Un autre système vise les vignerons. Ceux-ci utilisent déjà des méthodes de récolte automatisée, mais aucun robot n'était capable de repérer les grappes les plus mûres et les plus sucrées. En bien une société met actuellement au point un dispositif équipé d'un spectromètre quasi infrarouge. Cet appareil est en mesure d'analyser la teneur en sucre et le contenu chimique des raisins avant de les cueillir. Cette analyse est ensuite transformée en données GPS transmises aux robots récolteurs. Ce système est actuellement en phase d'essai dans certains vignobles et coûtera environ 230 000 $US.
Ces percées technologiques pourraient permettre de faire évoluer le marché du travail dans le domaine agricole. Pour le meilleur ou pour le pire, la multitude d'emplois bas de gamme et mal payés se transforme petit à petit en emplois spécialisés, plus payants, mais moins nombreux. Il faut aussi tenir compte des petits producteurs, qui ne pourront pas nécessairement se payer de tels systèmes et qui continueront de travailler à l'ancienne méthode.
| par Nicolas Racine |
Consultez nos plus récents articles sur ces sujets connexes:











