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vendredi 25 janvier 2008 à 15H19

É-U: les sites Internet des journaux battent des records

Newspaper.jpgLes sites Internet des grands quotidiens battent des records de fréquentation, souligne une association représentant la plupart des journaux aux États-Unis et au Canada.

Selon la NAA (Newspaper Association of America), le nombre de visiteurs des sites Internet des quotidiens a progressé de 6 % par rapport aux données de 2006, pour s'établir à une moyenne mensuelle de 60 millions.

Lors du quatrième trimestre de 2007, la NAA a notamment constaté que 39 % des internautes américains et canadiens ont visité au moins une fois un site Internet de journal, y passant en moyenne 44 minutes par mois.

Ces nouvelles données représentent, somme toute, une bonne nouvelle pour les éditeurs des quotidiens, qui compensent la diminution de leurs revenus tirés des ventes de copies en papier par les revenus provenant de la publicité en ligne.

Le contenu du site Internet du Wall Street Journal ne sera pas gratuit

Par ailleurs, le contenu du site Internet du quotidien économique The Wall Street Journal, acheté l'été dernier par le conglomérat médiatique News Corp, ne sera finalement pas disponible gratuitement, a annoncé le PDG Rupert Murdoch jeudi.

«Nous allons améliorer la partie gratuite du Wall Street Journal en ligne, mais une offre très solide sera encore disponible pour les abonnés payants, a déclaré Rupert Murdoch, alors qu'il participait au Forum économique de Davos, en Suisse. Le contenu réellement spécial du journal restera sur abonnement, et, désolé de vous le dire, sera probablement encore plus cher qu'avant», a-t-il ajouté.

En août, Rupert Murdoch avait pourtant annoncé qu'il souhaitait que le contenu en ligne du Wall Street Journal soit disponible gratuitement pour tous les internautes.

Malgré la forte concurrence des autres quotidiens économiques qui offrent leur contenu gratuitement, le Wall Street Journal dispose d'un lectorat de 788 000 abonnés pour son site Internet.

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par Christian Leduc

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PIERREPELADEAU.COM a dit le 25 janvier 2008

Le journal de Montréal étais bien partis sur le net en 1998 1999


Pierre Péladeau, 1925-1997

Quelques semaines avant sa mort, Pierre Péladeau avait accepté de consacrer une journée de son temps précieux, une rencontre exceptionnelle au cours de laquelle il a répondu à toutes les questions de Pierre Maisonneuve.( Jouer Pour Gagner, Les Éditions Québecor )

Voici une partie de cet entretien.


ET DIEU ?
Vous avez déjà un peu parlé de Dieu. Vous avez été élevé dans un univers de religion assez fermé, vous avez côtoyé le «Dieu est mort » de Nietzsche, puis vous avez redécouvert Dieu. Quelle différence faites-vous entre ces trois Dieux ?

En fait, je n'ai pas redécouvert Dieu, je l'ai découvert parce que je ne l'avais jamais rencontré avant. Ce n'est pas le Dieu des Jésuites, un Dieu de haine, de peur, de punition. L'enfer et tout le reste, pour moi, c'est de la foutaise !

La semaine dernière, je suis allé aux funérailles d'un ami. C'était une célébration commémorative en présence de ses cendres. Une belle cérémonie, toute simple. Trois de ses enfants sont venus porter des fleurs à l'avant. Deux de ses fils et des amis sont venus lui rendre hommage. Mais il y avait là un dominicain qui - c'est le seul mot qui me vient à l'esprit et c'est bien ce qu'il faisait --- manipulait toute la cérémonie. À la fin, alors que l'ex-femme de mon ami était en train de dire un petit mot, le dominicain en question s'est rendu en avant à côté de celle-ci et s'est mis à faire brûler de l'encens ! Comme si ça l'intéressait, mon pauvre ami, de sentir l'encens dans son urne ! Ridicule ! Le symbolisme de l'Église me fâche au plus haut point.

Un jour, j'assistais à une autre cérémonie de funérailles. C'étais un monseigneur --- pour ne pas dire un évêque--- qui présidait. Il a dit toutes sortes de conneries comme il peut s'en dire dans de telles situations. «Comme il a été baptisé, il s'en va à Dieu...» Comme si Dieu avait besoin que nous soyons baptisés pour nous accueillir quand nous allons mourir ! Il faisait peur aux gens. Alors que c'est très beau, la mort ! Dans la mort, tu retournes à ton Dieu, à ton Père. Que demander de plus ?

À la fin de la cérémonie, le célébrant est allé reconduire le cercueil à la porte de l'église, et là, il saluait les gens. Quand je suis arrivé près de lui, je lui ai donné la main et je lui ai dit «Monsieur, vous n'avez pas la foi !» et je suis sorti. C'est exactement ce que je pensais. Quelqu'un qui fait une cérémonie comme ça, qui dit les choses qu'il a dites, ne peut pas avoir la foi. C'est très beau, la mort ! Retourner à son Père ! Moi, j'ai hâte de le connaître, mon Père !

Ça, vous y croyez.

Ah ! oui !

Quel éclairage votre foi prend-elle ? Vous dites ne pas vouloir du Dieu des punitions de votre enfance.

Ça ne tient pas debout ! Dieu ne peut pas avoir deux visages, un visage de bonté et un autre de punition. C'est impossible. Dieu est Dieu, il est entier, complet ! On ne va pas lui ajouter des choses...

Dieu va donc tout vous pardonner.

Dieu ne pardonne pas, il est avec moi. Il ne pardonne pas, Il n'a pas besoin de me pardonner. C'est simple.

Un jour, on m'a demandé dans une entrevue : «Qui est Dieu pour vous ?» J'ai répondu que ça ne m'importait pas. Qu'il soit un chinois, un noir ou une femme, ça n'a pas d'importance. L'important, c'est que la foi, ça marche ! Tout le reste ne m'intéresse pas.

Mais ça peut être une sorte de potion magique.

Que ce soit n'importe quoi, je m'en fous. Ça marche !

Ça marche pour vous ?

Oui. Et je l'ai fait connaître à d'autres. Un jour, une femme, psychologue, est venue se baigner ici. Elle me dit ne pas avoir la foi, que ça ne vaut rien, que c'est de la foutaise. Je lui dis qu'évidemment, en tant que psychologue, tout est clair comme de l'eau de roche, qu'elle a le monopole de la vérité... je lui ai suggéré de faire une petite expérience.«Ton père est mort depuis un an. Demande-lui de t'aider à t'ouvrir l'esprit pour que tu puisses ouvrir un peu ton cœur à la foi.» Elle est revenue la semaine suivante, tout excitée des choses extraordinaires qu'elle avait découvertes. Ce n'était pas du tout ce qu'elle imaginait.

Mais j'ai le goût de vous demander : vous avez foi en quoi ?

En Dieu.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire que j'ai un homme ou un être humain ou un Dieu ou ce que vous voudrez --- pour moi, c'est sans importance --- qui est à mes côtés et qui peut m'aider si je le lui demande. Si je lui demande, il m'aide. C'est tout.

Il faut garder ça simple. Pas besoin d'encens, d'habits spéciaux, de chasubles, etc. Tout cela, c'est de la foutaise, je n'ai pas besoin de cela. J'en ai vendu, des chasubles, quand j'étais jeune... mais c'est superflu !

Mais qu'est-ce qui vous a fait redécouvrir ce Dieu simple ? Vous dites : «Je crois. Il est là. Il existe. Il peut m'aider et il m'attend.»

Il m'aide ! S'il ne m'aidait pas, je n'y croirais pas !

Il vous aide à faire des millions ?

Je ne sais pas. Ce n'est pas ce que je lui demande.

Que demandez-vous à Dieu ?

Toutes sortes de petites choses. Par exemple, il arrive parfois le matin que je sois de mauvaise humeur. Cela arrive à tout le monde. Je prends l'ascenseur pour monter à mon bureau, au 13e étage. En montant, je me dis : «Je vais emmerder tout le monde. Je vais être désagréable avec tout le monde. Je n'ai pas le droit de leur faire subir cela.» J'ai un petit truc que je répète dans ces occasions : Let go and let God. «Laisse aller, et laisse ça entre les mains de Dieu.» C'est très simple. Alors, quand j'arrive à mon bureau, je sors de l'ascenseur, je m'assois à mon pupitre et je suis de bonne humeur. C'est formidable. Des trucs de ce genre, j'en ai des tas.

C'est de la pensée magique, non ?

Je ne sais pas. Et ça m'importe peu. Je ne veux pas faire de recherches pseudo-scientifiques là-dessus. C'est bon, ça marche. C'est tout ! L'électricité, j'ignore ce que c'est, j'ignore comment ça fonctionne. Et personne ne peut le faire, ou à peu près. Je sais cependant que si j'appuie sur le commutateur, la lumière va s'allumer. Et je sais l'éteindre si j'en ai envie. C'est exactement la même chose.

Donc, un jour, vous avez appuyé sur le commutateur de Dieu.

Non, ça ne s'est pas passé comme ça. Je m'étais rendu en Abitibi pour faire l'acquisition d'un journal. Je revenais de Val-d'Or. J'étais à l'aéroport. L'avion venait de Rouyn, c'était donc un appareil assez gros. Je suis monté dans l'avion, je me suis assis. Il n'y avait personne ! Juste moi et un couple. Je n'aimais pas ça. J'avais pourtant déjà fait le tour du monde à plusieurs reprises, j'étais allé partout en avion...

Et vous voyagez tous les jours en hélicoptère...

Eh oui ! Qu'est-ce qui se passait ? D'habitude, je monte dans l'avion et je m'endors. C'est la même chose en hélicoptère. Je n'ai absolument pas peur. Mais là, ça n'allait vraiment pas. J'avais peur.

L'hôtesse est venue nous dire que nous allions voyager à 25 000 pieds d'altitude, à telle vitesse, etc. J'avais peur. C'était la première fois que ça m'arrivait. Je me suis levé et je me suis dirigé vers la cabine pour aller voir qui s'y trouvait. Peut-être le pilote était-il saoul ? S'il était saoul, on ne volerait pas longtemps ! Je suis allé voir le pilote qui n'avait pas l'air saoul du tout. Son navigateur était à ses côtés. Il avaient l'air tout à fait bien. Je suis ressorti et je suis retourné m'asseoir à ma place. J'aimais de moins en moins ça. Nous avons décollé. Je suis ressorti et je suis retourné m'asseoir à ma place. J'aimais de moins en moins ça. Nous avons décollé. Je me tenais à mon fauteuil. Quelque chose ne tournait pas rond : ma vie était entre les mains de cet homme en avant que je venais de voir pour la première fois. J'ignorais qui il était et c'était lui qui menait ma vie. Il pouvait faire de moi ce qu'il voulait. Ça ne tenait pas debout, ça n'avait pas de bon sens! Mais si lui tenait ma vie entre ses mains, il y avait quelqu'un qui tenait la sienne. Et dans le cockpit, il n'y avait personne d'autre, à part le navigateur. Et là, j'en ai déduit que s'il n'y avait personne d'autre, c'est que je ne le voyais pas... c'était donc Dieu.

C'est comme ça que j'ai vraiment découvert la foi. C'est aussi simple que cela.

Est-ce que ça a changé votre vie?

Complètement. Totalement.

Dans quel sens?

En ce sens qu'aujourd'hui, je vois les choses sans aucune sorte de peur, sans aucune sorte de culpabilité ou d'infériorité de quelque nature que ce soit, intellectuelle, physique ou morale.

J'ai un certain nombre de problèmes avec une de mes filles. Il y a quelques mois, elle m'a dit : « Si je suis comme ça, c'est de ta faute!» Se faire dire ça par sa fille, ça ne fait pas plaisir; ça fait mal. Je lui ai répondu :« Écoute, ma fille, fous-moi la paix. Si tu penses m'impressionner avec ça, tu te trompes. Tu fais ce que tu veux, c'est ta vie. Moi, je ne peux rien y faire. Ça ne m'appartient pas.» Avant, je n'aurais jamais pu faire cela. Je me serais senti extrêmement coupable.

Dieu vous a déculpabilisé.

Totalement. En fait, c'est encore plus simple : je me suis déculpabilisé grâce à Dieu. Il ne faut cependant pas charrier et affirmer que Dieu fait tout pour moi. Ce n'est pas vrai. Il a autre chose à faire!

Prier Pierre Péladeau?

Pierre Péladeau, vous êtes bien conscient qu'un jour, le plus tard possible, on pourra réutiliser cet entretien pour parler de vous au passé. Qu'est-ce que vous aimeriez que les gens se disent après avoir entendu ce témoignage de votre vie? Qu'est-ce que vous souhaitez que les gens se disent de Pierre Péladeau ?

Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. Je ne m'interroge pas à ce sujet. Comme je vous le disais tout à l'heure, je ne veux pas de pierre tombale. Quand ce sera fini, ce sera fini! Ce que les autres diront de moi, je m'en balance.

Ce que j'aimerais, cependant, c'est que mes enfants, mes amis et même d'autres personnes comptent sur moi pour beaucoup de choses. Vous savez, je prie Beethoven, parfois.

Alors, vous souhaiteriez qu'on vous prie? Qu'on prie Pierre Péladeau?

Certainement! Comme moi-même je prie tous mes amis décédés. Prier, c'est demander de l'aide. C'est ce que ça veut dire et pas autre chose. Ce n'est pas s'excuser, demander pardon, etc. Dieu pardonne tout. Autrement, il ne serait pas Dieu.

Cela signifie que lorsque vous serez mort, vous aimeriez que certaines personnes se souviennent de vous en disant : «Pierre Péladeau, aide-moi, j'ai un problème!»

Oui. Ce serait le parfait complément à ma vie.

DONDOOR.COM
dondoor@hotmal.com

PIERREPELADEAU.COM
pierrepeladeau@hotmail.com

QUEBECORWORLD.NET
quebecorworld@hotmail.com

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PIERREPELADEAU.COM a dit le 25 janvier 2008

Le journal de Montréal étais bien partis sur le net en 1998 1999


Pierre Péladeau, 1925-1997

Quelques semaines avant sa mort, Pierre Péladeau avait accepté de consacrer une journée de son temps précieux, une rencontre exceptionnelle au cours de laquelle il a répondu à toutes les questions de Pierre Maisonneuve.( Jouer Pour Gagner, Les Éditions Québecor )

Voici une partie de cet entretien.


ET DIEU ?
Vous avez déjà un peu parlé de Dieu. Vous avez été élevé dans un univers de religion assez fermé, vous avez côtoyé le «Dieu est mort » de Nietzsche, puis vous avez redécouvert Dieu. Quelle différence faites-vous entre ces trois Dieux ?

En fait, je n'ai pas redécouvert Dieu, je l'ai découvert parce que je ne l'avais jamais rencontré avant. Ce n'est pas le Dieu des Jésuites, un Dieu de haine, de peur, de punition. L'enfer et tout le reste, pour moi, c'est de la foutaise !

La semaine dernière, je suis allé aux funérailles d'un ami. C'était une célébration commémorative en présence de ses cendres. Une belle cérémonie, toute simple. Trois de ses enfants sont venus porter des fleurs à l'avant. Deux de ses fils et des amis sont venus lui rendre hommage. Mais il y avait là un dominicain qui - c'est le seul mot qui me vient à l'esprit et c'est bien ce qu'il faisait --- manipulait toute la cérémonie. À la fin, alors que l'ex-femme de mon ami était en train de dire un petit mot, le dominicain en question s'est rendu en avant à côté de celle-ci et s'est mis à faire brûler de l'encens ! Comme si ça l'intéressait, mon pauvre ami, de sentir l'encens dans son urne ! Ridicule ! Le symbolisme de l'Église me fâche au plus haut point.

Un jour, j'assistais à une autre cérémonie de funérailles. C'étais un monseigneur --- pour ne pas dire un évêque--- qui présidait. Il a dit toutes sortes de conneries comme il peut s'en dire dans de telles situations. «Comme il a été baptisé, il s'en va à Dieu...» Comme si Dieu avait besoin que nous soyons baptisés pour nous accueillir quand nous allons mourir ! Il faisait peur aux gens. Alors que c'est très beau, la mort ! Dans la mort, tu retournes à ton Dieu, à ton Père. Que demander de plus ?

À la fin de la cérémonie, le célébrant est allé reconduire le cercueil à la porte de l'église, et là, il saluait les gens. Quand je suis arrivé près de lui, je lui ai donné la main et je lui ai dit «Monsieur, vous n'avez pas la foi !» et je suis sorti. C'est exactement ce que je pensais. Quelqu'un qui fait une cérémonie comme ça, qui dit les choses qu'il a dites, ne peut pas avoir la foi. C'est très beau, la mort ! Retourner à son Père ! Moi, j'ai hâte de le connaître, mon Père !

Ça, vous y croyez.

Ah ! oui !

Quel éclairage votre foi prend-elle ? Vous dites ne pas vouloir du Dieu des punitions de votre enfance.

Ça ne tient pas debout ! Dieu ne peut pas avoir deux visages, un visage de bonté et un autre de punition. C'est impossible. Dieu est Dieu, il est entier, complet ! On ne va pas lui ajouter des choses...

Dieu va donc tout vous pardonner.

Dieu ne pardonne pas, il est avec moi. Il ne pardonne pas, Il n'a pas besoin de me pardonner. C'est simple.

Un jour, on m'a demandé dans une entrevue : «Qui est Dieu pour vous ?» J'ai répondu que ça ne m'importait pas. Qu'il soit un chinois, un noir ou une femme, ça n'a pas d'importance. L'important, c'est que la foi, ça marche ! Tout le reste ne m'intéresse pas.

Mais ça peut être une sorte de potion magique.

Que ce soit n'importe quoi, je m'en fous. Ça marche !

Ça marche pour vous ?

Oui. Et je l'ai fait connaître à d'autres. Un jour, une femme, psychologue, est venue se baigner ici. Elle me dit ne pas avoir la foi, que ça ne vaut rien, que c'est de la foutaise. Je lui dis qu'évidemment, en tant que psychologue, tout est clair comme de l'eau de roche, qu'elle a le monopole de la vérité... je lui ai suggéré de faire une petite expérience.«Ton père est mort depuis un an. Demande-lui de t'aider à t'ouvrir l'esprit pour que tu puisses ouvrir un peu ton cœur à la foi.» Elle est revenue la semaine suivante, tout excitée des choses extraordinaires qu'elle avait découvertes. Ce n'était pas du tout ce qu'elle imaginait.

Mais j'ai le goût de vous demander : vous avez foi en quoi ?

En Dieu.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire que j'ai un homme ou un être humain ou un Dieu ou ce que vous voudrez --- pour moi, c'est sans importance --- qui est à mes côtés et qui peut m'aider si je le lui demande. Si je lui demande, il m'aide. C'est tout.

Il faut garder ça simple. Pas besoin d'encens, d'habits spéciaux, de chasubles, etc. Tout cela, c'est de la foutaise, je n'ai pas besoin de cela. J'en ai vendu, des chasubles, quand j'étais jeune... mais c'est superflu !

Mais qu'est-ce qui vous a fait redécouvrir ce Dieu simple ? Vous dites : «Je crois. Il est là. Il existe. Il peut m'aider et il m'attend.»

Il m'aide ! S'il ne m'aidait pas, je n'y croirais pas !

Il vous aide à faire des millions ?

Je ne sais pas. Ce n'est pas ce que je lui demande.

Que demandez-vous à Dieu ?

Toutes sortes de petites choses. Par exemple, il arrive parfois le matin que je sois de mauvaise humeur. Cela arrive à tout le monde. Je prends l'ascenseur pour monter à mon bureau, au 13e étage. En montant, je me dis : «Je vais emmerder tout le monde. Je vais être désagréable avec tout le monde. Je n'ai pas le droit de leur faire subir cela.» J'ai un petit truc que je répète dans ces occasions : Let go and let God. «Laisse aller, et laisse ça entre les mains de Dieu.» C'est très simple. Alors, quand j'arrive à mon bureau, je sors de l'ascenseur, je m'assois à mon pupitre et je suis de bonne humeur. C'est formidable. Des trucs de ce genre, j'en ai des tas.

C'est de la pensée magique, non ?

Je ne sais pas. Et ça m'importe peu. Je ne veux pas faire de recherches pseudo-scientifiques là-dessus. C'est bon, ça marche. C'est tout ! L'électricité, j'ignore ce que c'est, j'ignore comment ça fonctionne. Et personne ne peut le faire, ou à peu près. Je sais cependant que si j'appuie sur le commutateur, la lumière va s'allumer. Et je sais l'éteindre si j'en ai envie. C'est exactement la même chose.

Donc, un jour, vous avez appuyé sur le commutateur de Dieu.

Non, ça ne s'est pas passé comme ça. Je m'étais rendu en Abitibi pour faire l'acquisition d'un journal. Je revenais de Val-d'Or. J'étais à l'aéroport. L'avion venait de Rouyn, c'était donc un appareil assez gros. Je suis monté dans l'avion, je me suis assis. Il n'y avait personne ! Juste moi et un couple. Je n'aimais pas ça. J'avais pourtant déjà fait le tour du monde à plusieurs reprises, j'étais allé partout en avion...

Et vous voyagez tous les jours en hélicoptère...

Eh oui ! Qu'est-ce qui se passait ? D'habitude, je monte dans l'avion et je m'endors. C'est la même chose en hélicoptère. Je n'ai absolument pas peur. Mais là, ça n'allait vraiment pas. J'avais peur.

L'hôtesse est venue nous dire que nous allions voyager à 25 000 pieds d'altitude, à telle vitesse, etc. J'avais peur. C'était la première fois que ça m'arrivait. Je me suis levé et je me suis dirigé vers la cabine pour aller voir qui s'y trouvait. Peut-être le pilote était-il saoul ? S'il était saoul, on ne volerait pas longtemps ! Je suis allé voir le pilote qui n'avait pas l'air saoul du tout. Son navigateur était à ses côtés. Il avaient l'air tout à fait bien. Je suis ressorti et je suis retourné m'asseoir à ma place. J'aimais de moins en moins ça. Nous avons décollé. Je suis ressorti et je suis retourné m'asseoir à ma place. J'aimais de moins en moins ça. Nous avons décollé. Je me tenais à mon fauteuil. Quelque chose ne tournait pas rond : ma vie était entre les mains de cet homme en avant que je venais de voir pour la première fois. J'ignorais qui il était et c'était lui qui menait ma vie. Il pouvait faire de moi ce qu'il voulait. Ça ne tenait pas debout, ça n'avait pas de bon sens! Mais si lui tenait ma vie entre ses mains, il y avait quelqu'un qui tenait la sienne. Et dans le cockpit, il n'y avait personne d'autre, à part le navigateur. Et là, j'en ai déduit que s'il n'y avait personne d'autre, c'est que je ne le voyais pas... c'était donc Dieu.

C'est comme ça que j'ai vraiment découvert la foi. C'est aussi simple que cela.

Est-ce que ça a changé votre vie?

Complètement. Totalement.

Dans quel sens?

En ce sens qu'aujourd'hui, je vois les choses sans aucune sorte de peur, sans aucune sorte de culpabilité ou d'infériorité de quelque nature que ce soit, intellectuelle, physique ou morale.

J'ai un certain nombre de problèmes avec une de mes filles. Il y a quelques mois, elle m'a dit : « Si je suis comme ça, c'est de ta faute!» Se faire dire ça par sa fille, ça ne fait pas plaisir; ça fait mal. Je lui ai répondu :« Écoute, ma fille, fous-moi la paix. Si tu penses m'impressionner avec ça, tu te trompes. Tu fais ce que tu veux, c'est ta vie. Moi, je ne peux rien y faire. Ça ne m'appartient pas.» Avant, je n'aurais jamais pu faire cela. Je me serais senti extrêmement coupable.

Dieu vous a déculpabilisé.

Totalement. En fait, c'est encore plus simple : je me suis déculpabilisé grâce à Dieu. Il ne faut cependant pas charrier et affirmer que Dieu fait tout pour moi. Ce n'est pas vrai. Il a autre chose à faire!

Prier Pierre Péladeau?

Pierre Péladeau, vous êtes bien conscient qu'un jour, le plus tard possible, on pourra réutiliser cet entretien pour parler de vous au passé. Qu'est-ce que vous aimeriez que les gens se disent après avoir entendu ce témoignage de votre vie? Qu'est-ce que vous souhaitez que les gens se disent de Pierre Péladeau ?

Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. Je ne m'interroge pas à ce sujet. Comme je vous le disais tout à l'heure, je ne veux pas de pierre tombale. Quand ce sera fini, ce sera fini! Ce que les autres diront de moi, je m'en balance.

Ce que j'aimerais, cependant, c'est que mes enfants, mes amis et même d'autres personnes comptent sur moi pour beaucoup de choses. Vous savez, je prie Beethoven, parfois.

Alors, vous souhaiteriez qu'on vous prie? Qu'on prie Pierre Péladeau?

Certainement! Comme moi-même je prie tous mes amis décédés. Prier, c'est demander de l'aide. C'est ce que ça veut dire et pas autre chose. Ce n'est pas s'excuser, demander pardon, etc. Dieu pardonne tout. Autrement, il ne serait pas Dieu.

Cela signifie que lorsque vous serez mort, vous aimeriez que certaines personnes se souviennent de vous en disant : «Pierre Péladeau, aide-moi, j'ai un problème!»

Oui. Ce serait le parfait complément à ma vie.

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kikeflut a dit le 27 janvier 2008

Malheureusement aucun journal francophone d'Amérique n'est disponible gratuitement. Le journal de Montréal a retiré sa participation a un site qui était gratuit pour les abonnés de la bibliothèque du Québec et cela est bien dommage.
Le gaspillage de papier et d'arbres devrait inciter les gouvernements a obliger les journaux a rendre leur publication gratuite 6h après la distribution du journal sur papier.

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