Surveillance électronique en Suède: des voisins inquiets
La loi adoptée récemment par le parlement suédois pour autoriser la surveillance électronique sans mandat inquiète ses voisins scandinaves, rapporte l'Agence France-Presse (AFP).La controversée loi, qui est est passée avec une faible majorité le 20 juin dernier, autorise l'Agence d'écoutes militaires (FRA), un organisme civil, à intercepter tous les courriels et les appels téléphoniques passant par la Suède, l'une des plaques tournantes des communications Internet en Europe.
En Norvège, le gouvernement a confié un mandat à l'Agence téléphonique nationale pour savoir si la nouvelle loi entre en conflit avec les intérêts norvégiens.
L'opérateur de télécommunications suédo-finlandais TeliaSonera a de son côté décidé de déplacer tous ses serveurs de la Suède en Finlande.
Au Danemark, la réaction à la loi est mitigée. L'un des partis d'opposition a demandé au premier ministre Anders Fogh Rasmussen d'en discuter avec son homologue suédois John Fredrik Reinfeldt, ce qu'il refuse pour le moment.
En Suède, les principaux critiques de la législation soulignent que la loi représente une menace aux libertés individuelles et qu'elle constitue l'autorisation la plus radicale d'espionnage électronique en Europe.
D'autres adversaires de cette loi affirment qu'il sera impossible dans plusieurs cas de déterminer exactement quelles communications sont destinées à l'étranger de celles qui sont locales.
Mentionnons que la Suède adopte depuis peu une approche plus sévère en ce qui concerne l'utilisation des communications électroniques. En mars dernier, le gouvernement suédois a notamment proposé de permettre aux tribunaux de forcer les fournisseurs d'accès Internet à identifier les pirates qui téléchargent illégalement de la musique, des films et des logiciels dans les réseaux Peer-to-peer.
| par Christian Leduc |


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