Cyberintimidation: début d'un procès attendu aux États-Unis
Le procès d'une Américaine de 49 ans, accusée d'avoir participé au suicide d'une adolescente de 14 ans qui utilisait le site Internet communautaire MySpace, vient de débuter.
Cette mère de famille, Lori Drew, se serait fait passer pour un adolescent de 16 ans qui était tombé amoureux de Megan Meier sur le site Internet communautaire MySpace. Après une rupture virtuelle, l'adolescente s'était pendue à sa résidence en octobre 2006.
Dans le procès qui s'ouvre, Lori Drew est formellement accusée de quatre chefs, dont ceux d'avoir participé à un complot et d'avoir utilisé un ordinateur protégé pour obtenir des informations confidentielles dans le but de s'attaquer à une personne en détresse.
Selon différentes sources, Lori Drew aurait commis ce geste car elle voulait savoir pourquoi la jeune Megan Meier, alors une proche voisine, s'était disputée avec sa propre fille. Elle aurait donc créé avec des complices un faux compte d'utilisateur MySpace afin de s'entretenir avec l'adolescente en se faisant passer pour un adolescent de 16 ans du nom de « Josh Evans ».
Lors de leurs nombreuses conversations en ligne, Josh s'était mis à courtiser activement la jeune Megan, alors suivie par des médecins pour des problèmes de dépression et de troubles d'inattention.
Au début du mois d'octobre 2006, Josh avait annoncé à Megan qu'il déménageait dans un autre État. Megan avait alors répondu que s'il revenait, ils pourraient se rencontrer. Puis, Josh avait rétorqué abruptement que le « monde serait mieux sans elle ». La jeune fille s'était pendue quelques heures plus tard.
En plus des chefs d'accusation mentionnés plus haut, Lori Drew est aussi accusée d'avoir obtenu sans consentement la photo d'un jeune homme afin de l'utiliser pour le portrait de « Josh Evans », mais la femme de 49 ans nie toute implication dans cette affaire. Si elle était reconnue coupable des quatre chefs d'accusation portés contre elle, Lori Drew pourrait passer 20 ans derrière les barreaux.
Mentionnons que MySpace, qui appartient au conglomérat médiatique News Corp., avait souligné que le procès servira à montrer que la cyberintimidation est intolérable et que ce problème de société ne doit surtout pas être pris à la légère.
| par Christian Leduc |
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