«Il s'agit du plus important réseau d'ordinateurs zombies jamais découvert», explique l'un des Espagnols ayant contribué à l'enquête. Les ordinateurs zombies formaient l'immense botnet «Mariposa», mis à jour par les autorités espagnoles en collaboration avec le FBI. Plus de 190 pays sont touchés et 1 000 des plus grandes entreprises du monde auraient été affectées.
Ce qui paraît à la fois surprenant et inquiétant, si on se penche sur le cas de ces trois jeunes opérateurs du botnet Mariposa (qui signifie papillon), est l'absence de grandes connaissances en informatique et en matière de piratage.
Mais toujours est-il que cette naïveté a probablement épargné le monde d'une cyberattaque massive, puisque les pirates ne semblaient pas avoir conscience de l'importance du réseau qu'ils avaient mis en place. Du moins, ils n'en ont pas tiré profit au maximum.
Une telle aisance veut donc dire que l'utilisation de logiciels malveillants est à la portée de tous. Ces derniers sont devenus si sophistiqués, qu'ils permettent à un inculte de causer bien des dégâts et des trous dans un grand nombre de portefeuilles. Les trois individus étaient en quête de données bancaires, d'identifiants ou autres données personnelles dans le but de les vendre à profit.
Les autorités prétendent que Mariposa aurait été créé vers la fin de 2008, puis inactivé le 23 décembre 2009. Une infection au ver affectant les réseaux P2P, les périphériques externes et MSN lui aurait permis de prendre l'expansion qu'on lui connait.
Néanmoins, la source de l'infection aurait jailli d'une faille présente dans Internet Explorer. Des failles d'IE avaient aussi été exploitées lors des cyberattaques menées contre Google en décembre 2009.
Au terme de leur enquête, trois personnes ont été accusées en Espagne et elles risquent six ans de prison au maximum.
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par Aude Boivin Filion